Les inconnues de l’après pétrole

Michel Rossillon, après un parcours comme enseignant, c’est dans l’édition qu’il poursuit sa carrière professionnelle. Sensibilisé aux limites et aux conséquences de notre modèle économique, il a la conviction qu’une humanité plus solidaire, collective, collaborative, est nécessaire pour relever les défis qui nous attendent et que c’est au niveau local que doit s’enraciner ce changement.
Il soutient la liste candidate aux élections municipales de Saint-Etienne de Montluc en 2020 OSONS L’AVENIR ! Il est l’auteur de cet article.

Il est tout à fait probable que l’intervalle de temps nous séparant du pic mondial de production, sera plus bref que la période dont auront besoin les sociétés pour s’adapter sans douleur à un régime énergétique différent… Si nous n’anticipons pas. 


Richard Heinberg


Regardez autour de vous : chaque objet a nécessité du pétrole. Soit pour sa fabrication, soit pour son acheminent jusqu’à chez vous, probablement pour les deux. Les énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz, nucléaire) ont façonné notre monde tel qu’il fonctionne aujourd’hui. Elles sont le système sanguin de l’économie mondiale. La demande va croissante, s’accélérant même, avec l’arrivée des pays émergents à la table de la consommation de masse.

Alors que la moitié du gâteau est déjà consommé.

Les chiffres peuvent légèrement varier quant aux réserves. Mais une chose est sûre, les énergies fossiles ne sont pas comme le blé !

Concernant le pétrole, on donnait un peu plus de 45 années de réserves en 2010, soit environ une quarantaine d’années à partir d’aujourd’hui. La production du pétrole nommée « conventionnelle » diminue : à peu près - 2% par an. Un signe fort est l’exploitation des énergies fossiles dites « non conventionnelles » (les fameux sables bitumineux de l’Alberta au Canada ou le gaz de schiste aux USA). Pourtant le coût d’exploitation est exorbitant et les impacts sur la dégradation de notre environnement trop importants. Greenpeace avance que, depuis 2011, les émissions équivalentes de CO2 liées à l’exploitation des sables bitumineux dépassent 80 millions de tonnes. Davantage que ce qui est émis par l’ensemble des voitures du Canada.

Le sujet du pic pétrolier est donc épineux. À plus d’un titre. Nous-mêmes paraissons incrédules face à ces constats !

Il en va de notre mode de vie, de notre économie.

Le PIB (l’accroissement des richesses produites) est lui-même connecté en partie, à la production de pétrole, donc la fameuse croissance. Cette dernière est présentée comme le Graal contre le chômage. Mais la corrélation prix du pétrole/taux de chômage étant en partie liée, alors on voit mal comment de forts taux de chômage ne seraient pas certains pour le futur comme conséquence de la hausse inéluctable du prix du baril.

Même si les pétroles dits non conventionnels vont permettre un léger sursis, la fin du pétrole bon marché arrive et nos vies sont en passe de changer avec ou sans notre avis!

Mais en portant une réponse pro active plutôt que réactive, il est possible de nous façonner un avenir adapté dans un contexte énergétique mouvant.

Les grandes lignes à tracer sont probablement, en premier, de trouver toutes les sources d’économies énergétiques possibles :

  • rebâtir une agriculture, une production alimentaire locales ;
  • relocaliser la production énergétique ;
  • redécouvrir des matériaux de construction locaux à énergie zéro ;
  • revoir la gestion des ordures ménagères ;
  • développer notre résilience et ainsi une extraordinaire renaissance  économique, culturelle, solidaire…

Et tout cela devra nécessairement passer par le local. D’où l’importance des prochaines échéances électorales municipales à Saint-Etienne de Montluc et ailleurs. Il est plus que temps d’agir de reprendre en mains notre avenir, OSONS !

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