Ré-ouvrons un accès à la Loire : la Gicquelais

Le site de la Gicquelais fait partie d’un ensemble de 21 000 ha de zone humide situé en zone NATURA 2000.

Le Département s’est vu confier l’animation de cet ensemble par l’État début 2016.

Le seul accès à la Loire pour les habitants de Saint-Étienne de Montluc

Pour mémoire, l’estuaire de la Loire est une zone humide majeure sur la façade atlantique et un maillon essentiel du complexe écologique de la basse Loire estuarienne (lac de Grand-Lieu, marais de Brière, marais de Guérande).

Elle se caractérise par une grande diversité des milieux et des espèces en fonction des marées, du gradient de salinité, du contexte hydraulique et est d’une importance particulière pour les habitats estuariens au sens strict, les milieux aquatiques, les roselières, les prairies humides, le bocage. On y trouve de nombreuses espèces d’intérêt communautaire dont l’angélique des estuaires.

la gicquelais
Vue vers l’Ouest du site de motocross sauvage. Certaines ornières font plus de 1 mètre de profondeur.

La démarche Natura 2000 n’exclut pas la mise en œuvre de projets d’aménagements ou la réalisation d’activités humaines dans les sites Natura 2000, sous réserve qu’ils soient compatibles avec les objectifs de conservation des habitats et des espèces qui ont justifié la désignation des sites.

L’outil de prévention qu’est l’évaluation des incidences permet d’assurer l’équilibre entre préservation de la biodiversité et activités humaines.

Actuellement : Un moto-cross sauvage et un centre de déminage sur une zone NATURA 2000

Depuis plusieurs années, l’ancien dépôt de sable de la Gicquelais (île de la Motte) est devenu un terrain de moto-cross. Or, la circulation des motos vertes, quad et véhicules 4×4 tous terrains reste un phénomène diffus au sein du périmètre NATURA 2000 mais en expansion. Ces activités sont susceptibles de provoquer de nombreuses perturbations sur le site, notamment au niveau des habitats naturels. Il est important de rappeler ici que la loi n°91-2 du 03 janvier 1991, relative à « la circulation des véhicules terrestres dans les espaces naturels » interdit, en dehors des voies et chemins ouverts à la circulation publique, le passage des véhicules terrestres dans les espaces naturels, notamment les rivières, même à sec. Par ailleurs certains chemins peuvent être fermés à la circulation motorisée par arrêté municipal.

Pour l’instant, c’est le laissée faire qui règne sur cette zone fréquentée notamment par la pie-grièche écorcheur (Lanius collurio). La présence de buttes sableuses buissonnantes est très attractive pour cette espèce à forte valeur patrimoniale qui connaît un nouvel essor après un déclin prononcé jusque dans les années 80.[1]

Sur ce même secteur est installé le centre de déminage de la Gicquelais qui est exploité par la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, situé place Beauvau (Paris).  Il a pour vocation de détruire les munitions issues de la deuxième guerre mondiale récupérées dans tout le grand ouest.  Dans  les années  90,  les  explosions étaient si  importantes qu’elles en faisaient trembler les murs des maisons les plus proches. À l’époque, il existait déjà un groupe opposé à ce genre de pratique.

Le départ du centre est d’autant plus souhaitable qu’il se situe en zone Natura 2000 et qu’il pourrait être inclus dans le futur projet de réserve naturelle nationale relancé par les associations de protection de l’environnement (LPO, Bretagne Vivante et France Nature Environnement) suite aux annonces récentes du Président de la République qui à fixé au mois de mai 2019 un objectif d’atteindre, d’ici 2022, 30% de notre territoire national en aires protégées, qu’elles soient marines et terrestres, dont un tiers en protection forte. […]

Nous sommes aujourd’hui à 23,9 % de la surface de notre territoire national en aires protégées, dont 1,76 % en protection forte. Les Pays de la Loire sont très en-deçà puisque à peine 0,3 % de la surface régionale est en protection forte.

Zones d’effets du DIRI du Centre de Deminage. (1) :r = 400 m : seuil des effet irréversible (SEI) qui délimite la « zone des dangers significatifs pour la vie humaine » ; (2) : r = 800 m : zone des bris de vitres (BV).

Avec Osons l’avenir : rendre la Gicquelais accessible à tous les stéphanois.e.s et projeter ensemble un projet d’aménagement

Il est donc vraiment dommage que cet endroit soit délaissé par la commune et tout reste à faire pour mettre en valeur cette portion de marais et pouvoir en faire profiter les habitants de plus en plus sensibles aux qualités environnementales de notre commune.

La liste Osons l’Avenir souhaite donc le départ du site de déminage, la fin du moto-cross sauvage et, en concertation avec la population, le Conservatoire du Littoral, le port autonome et l’intercommunalité mettre en œuvre un projet d’aménagement qui favorise la découverte de la Loire et du milieu naturel, pour tous, à cet endroit.

Retrouvez le programme complet de la liste Osons l’avenir.


[1]Oust Am’, 2016. Dossier de demande de prise en considération du projet de réserve naturelle nationale. Pour une réserve naturelle nationale en Basse-Loire estuarienne, p. 37.

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